Brève présentation historique.
Le château de Poilvache ne fut pas construit par un "seigneur" indépendant et belliqueux. Il faisait partie, dans la vallée de la Meuse,
d'une entité administrative et d'un système de défense assez précis. Le château, imposant et vaste, assis sur l'éperon rocheux avancé
dans la vallée, servait aussi de symbole de pouvoir.
Poilvache, dont la plus ancienne mention actuellement connue est datée de décembre 1228, appartient à une catégorie de fortifications
médiévales qu'on pourrait qualifier de "forteresse d'Etat". Ses premiers possesseurs connus, Waleran de Montjoie et son épouse Isabelle
de Bar, étaient les enfants respectifs de Waleran de Limbourg et d'Ermesinde de Namur, Comte et Comtesse de Luxembourg. La "Terre de Poilvache",
arrachée au comté de Namur en 1199, fut probablement constituée en apanage pour les jeunes époux après la mort de Waleran de Limbourg en 1226.
Mais dès 1254, elle entre dans le domaine direct des comtes de Luxembourg.
Vers 1270, Henri VI crée une prévôté dont Poilvache devient tout naturellement le centre militaire, judiciaire et administratif, doté d'une
église paroissiale et d'un atelier monétaire.
En 1343, la comtesse douairière de Namur, Marie d'Artois, rachète Poilvache - château et prévôté - à
Jean l'Aveugle, Comte de Luxembourg mais aussi roi de Bohème, dont les centres d'intérêt se sont déplacés plus à l'est. Dès lors, Poilvache suivra
les destinées du Comté de Namur : bien que la forteresse ait été détruite et démantelée par les milices liégeoises lors de la terrible guerre de 1430,
la prévôté survivra en tant que circonscription administrative, d'abord bourguignonne puis espagnole et enfin autrichienne, jusqu'à la fin de l'Ancien
Régime.